Turn-Ons, Indie Attitude, music lover website
Présentation, interview Mnemotechnic
Mnemotechnic : présentation du groupe et interview
Comment j'ai découvert le groupe Mnemotechnic
Pour la petite histoire, je surfais à la recherche de sites dédiés à la musique indé, comme Turn-Ons, quand je suis tombée sur Indiemusic. Sur ce site, j'ai été attirée par une chronique du nouvel EP de The Magnets, groupe marseillais que je ne connaissais pas. Je suis allée faire ma curieuse sur Soundcloud et j'ai bien aimé. Coup de bol, le groupe se produisait au T'es Rock Coco, à Angers, quelques semaines plus tard, j'ai donc décidé d'y aller. Il se trouve que The Magnets partageait l'affiche avec deux autres groupes : No Pilot et Mnemotechnic. J'ai découvert ces derniers avec un putain de concert live, qui a balancé une bonne dose d'énergie rock noise/électro dans la petite salle sombre et intimiste du T'es Rock !
Le concert au T'es Rock Coco a aussi été l'occasion de papoter un peu avec Anthony et Xavier, respectivement batteur et bassiste du groupe. Par la suite, je suis allée écouter une sélection de leurs morceaux sur leur Soundcloud, puis leur premier album sur leur Bandcamp. Il m'a fallu plusieurs écoutes pour parfaitement rentrer dedans, certains morceaux n'étant pas forcément facile d'accès au premier abord (il faut dire qu'en ce moment, je suis dans une période très dreampop !), mais maintenant, je m'y sens comme un poisson dans l'eau.
En regardant les dates de concerts prévues sur Songkick, j'ai vu que les Mnemo allaient se produire à Nantes, dans la petite salle du Stakhanov, soirée organisée par l'association Crumble Fight. J'ai décidé d'aller y reprendre un bon shoot d'energie et de faire plus ample connaissance avec les 4 garçons composant le groupe.
Interview-présentation du groupe Mnemotechnic
"Mnemotechnic", en anglais, ou "la mnémotechnique", en français dans le texte, est "l'Art des procédés destinés à aider à se souvenir" (source : Wikipédia). Un nom plutôt accrocheur pour ce groupe, originaire de Brest, qui a sorti son premier album ("Awards") il y a quelques mois sur un label anglais, "Smalltown America", album anglophone lui aussi.
Avec cette dualité franco-anglaise, tout comme Turn-Ons Indie Attitude, ils ne pouvaient qu'être parfaits pour inaugurer la rubrique "groupes" ! En plus de retourner les voir live, j'ai donc profité de ma petite virée nantaise du 25 avril 2013 pour leur proposer une interview, qu'ils ont gentiment acceptée. Interview très détendue puisque réalisée pendant l'apéro, avant le concert du soir au Stakhanov, réunis tous autour d'une table au Café du Cinéma, en présence de l'ingé son remplaçant et de quelques amis du groupe, entre bavardages et bonnes tranches de rigolade...
Mnemotechnic live
Salut les Mnemotechnic ! Pour commencer, pouvez-vous vous présenter tous les 4 et nous dire qui fait quoi au sein du groupe ?
Arnaud Kermarrec-Tortorici : Je suis Arnaud, guitariste et chanteur.
Anthony Marzin : Bonsoir, je suis Anthony, guitariste et... guitariste !
Anthony-Mehdi Affari : Anthony, et je fais de la batterie.
Xavier Guillaumin : Xavier, et je bois des verres ! (NDLR : Comprendre "je suis bassiste".)
Comment vous êtes-vous rencontrés ? Comment le groupe a t-il vu le jour ?
Anthony M. : Sur le Bon Coin ! (rires)
Arnaud : On est tous issus de la scène brestoise et on a joué dans différents groupes, de différents styles auparavant. Ca fait tous au moins 15 ans qu'on joue. On a eu envie de faire un nouveau projet, il y a 3 ans, et c'est comme ça qu'on a monté le groupe.
Comment décririez-vous le style du groupe, en quelques mots chacun ?
Arnaud : Du rock énergique, dynamique, énervé.
Anthony M. : Champagne et petits fours, je sais pas quoi dire !
Anthony A. : Du rock... euh... du rock !
Le groupe a t'il évolué depuis sa naissance, niveau style notamment ?
Arnaud : Non, ça n'a pas vraiment évolué pour l'instant, ça va venir mais on est toujours dans une première phase d'écriture, de fonctionnement, de remise en question de notre musique et de nouvelles compositions. Ce qui ressort du premier album, c'est la première période du groupe et on arrive au bout de cette première période.
Quelles sont vos influences ? Vous avez des goûts assez proches les uns des autres ?
Anthony M. : A mi-chemin entre Charles Trenet et Metallica ! (rires)
Arnaud : C'est un peu comme tous les groupes, on écoute des trucs complètement différents, on a des goûts assez larges en fait. Après, j'ai l'impression que tout ce qu'on écoute, ça ne se ressent pas trop dans la musique qu'on fait. On a tous fait des trucs un peu bourrins par le passé, qui envoyaient, des trucs un peu barrés, pas très écoutables même parfois, enfin tu vois.
Anthony A. : Moi, je suis un gros fan de Depeche Mode, ça ne se ressent pas trop dans Mnemotechnic, je pense ! Après, on écoute tous des trucs un peu violents, du hip hop, des trucs assez électros aussi, des trucs très calmes... Après, savoir si ça se ressent dans notre musique, si ça s'entend ou pas, je ne pense pas en fait. A la base, c'est quand même Arnaud qui compose tout, nous on adapte, on interprète et on réarrange. Le travail est là : il y a un compositeur et 3 producteurs derrière, en gros c'est ça l'idée. On écoute vraiment de tout. Après, la base, c'est très années 90 genre Nirvana, Rage Against The Machine. On a tous pris cette direction là. On a envie de faire de la musique pour se marrer et avec Mnemotechnic, on a eu envie d'arrêter la musique de barbus, où les mecs viennent aux concerts, croisent les bras et si on arrive à leur faire bouger un tout petit peu la tête, c'est déjà mortel ! On en avait un peu marre de ça, on avait envie d'échanger beaucoup plus avec le public et que ce soit beaucoup plus interactif en live : l'idée c'est qu'on balance de l'énergie et que si on peut en recevoir un peu en retour nous aussi, c'est cool.
Xavier : J'en avais marre de jouer des trucs trop compliqués par rapport à ce que j'arrive à jouer et du coup, Mnemotechnic est venu d'une envie de simplifier un peu les choses, pour pouvoir donner simplement ce qu'on sait faire. Il reste une tension mais qu'on sait jouer.
Mnemotechnic live
Vers quel âge êtes-vous tombés dans la "marmite" musicale les uns les autres, c'est à dire quand est-ce devenu une réelle passion pour chacun d'entre vous ?
Xavier : Je commence parce que c'est un parcours atypique : j'ai commencé à 6 ans avec la flûte à bec et jusqu'à l'âge de 11 ans... (NDLR : Il s'interrompt devant mon air surpris.) Je te jure, c'est vrai ! Jusqu'à l'âge de 11 ans, j'ai vraiment fait de la flûte à bec comme un cinglé, flûte alto, solfège. Ca, c'est vraiment mon bagage, ce sont mes bases musicales. Après, il y a une espèce de trou noir et après, vers 15 ans/16 ans, j'ai commencé la basse.
(NDLR : Anthony A. veut prendre la parole mais Xavier l'arrête : "Non, toi ça va être trop long !")
Arnaud : Moi c'est 1991, "Nevermind" de Nirvana.
Anthony M. : Moi c'est à peu près pareil, vers 13 ans, j'ai eu le déclic en écoutant Nirvana dans la chambre de mon frère. Et puis, j'ai grandi avec plein d'instruments depuis tout petit chez moi : mon père joue de la cornemuse, de la musique Bretonne. Je me suis tourné vers le Rock'n'roll à l'âge de 13/14 ans, et j'ai fait ma première scène à 14 ans.
Anthony A. : Moi, en fait, il n'y avait personne dans ma famille qui faisait de la zic, vraiment pas. Je suis tombé dedans un peu par hasard : mon meilleur ami de l'époque était un gros fan de Nirvana et un jour, il m'appelle et me dit "viens, y a une batterie dans la MJC" (NDLR : Maison des Jeunes et de la Culture). Il s'avère que la batterie, c'était celle de notre ingénieur du son ! Il n'est pas avec nous aujourd'hui car il est à Tahiti en train de manger des coquillages ! Enfin voilà, la musique, je suis tombé dedans à 14 ans et ça a été Nirvana et Rage Against the Machine. Pour mon brevet, mon père m'a acheté une batterie et je suis devenu complètement autiste : pendant 3 ans, je ne faisais que ça, 2, 3, voir 4 heures par jour ! Et j'ai joué tout de suite dans un groupe, avec notre ingénieur du son, toujours, et on a fait des concerts assez rapidement. Sur 3/4 mois, on avait dû faire une trentaine de dates à l'époque, ça fait 15 ans à peu près.
Après un premier EP auto-produit en juin 2009 (Deceitful Confidant), vous venez de sortir votre premier album, "Awards", fin janvier, sous le label Smalltown America. Qu'est-ce qui a porté principalement votre choix sur ce label anglais, plutôt qu'un label français ? L'attrait de la scène musicale anglaise, les personnes impliquées, les conditions proposées, etc ?
Xavier : Je vais faire une réponse honnête et droite ! On n'a pas choisi le label, c'est le label qui nous a choisis. Ils nous avaient repérés à l'époque, sur Myspace et nous avaient envoyé un petit mot disant qu'ils trouvaient notre musique cool, mais ça ne s'est pas fait du tout à ce moment là. Ils ont suivi ce qu'on faisait, ils ont suivi l'évolution du groupe, on a fabriqué le disque, et l'album leur a plu. On l'a quand même envoyé à plein d'autres labels, en France notamment, mais ça n'a rien donné. Je pense que le côté anglo-saxon de notre zic n'accrochait pas en France et du coup, on est retournés vers Smalltown America avec grand plaisir. C'est un label qui est tout à fait à notre taille, à notre dimension, sachant qu'on ne fait pas que de la musique dans notre vie, donc il ne fallait pas non plus des mecs qui nous demandent de ne faire que ça du jour au lendemain. Voilà, ça s'est fait comme ça, c'est plutôt bien. Ils sont venus nous voir en live à Paris avant de signer, ils sont venus voir à quoi on ressemblait. On leur a fait un énorme concert de merde qu'ils ont adoré. (rires)
Anthony A. : Le fait de dire qu'on est sur un label anglais, ça fait se poser pas mal de questions aux gens qui se disent "putain, les mecs, pourquoi ils sont signés sur un label en Angleterre ?", mais c'est plutôt positif. Comme dit Xav, ce sont les premiers à nous avoir contactés, ils nous ont suivi presque depuis le début, ça fait bien au moins 2 ans facile. Et ça nous plaisait de signer sur leur label parce qu'ils font des trucs cool et parce que c'est un petit label.
Xavier : En même temps, c'est le moment de citer John Lennon qui disait : "le rock est aux français, ce que le vin est aux anglais", je crois que ça veut tout dire ! Vous avez 4 heures ! (rires)
Toujours par rapport à l'Angleterre, dans l'interview qu'Arnaud à accordée à Radio Campus récemment, il parlait d'une tournée envisagée là-bas. Quels sont vos plans dans un futur proche ?
Anthony A. : En fait, on a tourné un peu en France, on a fait 2 petites tournées en Belgique et maintenant l'idée, enfin la logique, serait qu'on aille tourner en Angleterre, Londres ou même carrément le Royaume Uni avec l'Irlande, l'Ecosse et tout... Mais tous les retours qu'on a des groupes qui ont tourné là-bas, c'est que c'est vraiment la misère en terme d'accueil, de logement, etc. Ce n'est même plus du Do It Yourself, c'est carrément hardcore ! En fait, Arnaud avait déjà essayé de caler une tournée en Angleterre, on n'avait que 3/4 dates de prévue avec 2 days-off au milieu, ça nous aurait coûté vraiment plus de fric que d'aller juste là-bas pour faire des visites, et être à la cool. Donc on a un peu reporté, mais on va quand même le faire je pense, parce que ce serait quand même cool. Arnaud chante en anglais, pas avec un accent brestois mais voilà, ce serait quand même un plaisir d'y aller. Nous, on eu l'occasion avec le groupe qu'on avait avec Xav avant (NDLR : Savate) d'aller faire une date là-bas, à Plymouth, et c'est assez drôle, ne serait-ce que la barrière de la langue. Là tu as vraiment l'impression d'être dans un autre pays. La Belgique, à part l'accent et la bière, ça ne change pas grand chose. Mais l'Angleterre, ce serait un délire d'y aller, vraiment, même si c'est un peu rude. Je pense qu'on va se faire une petite semaine là-bas quand même, se foutre bien sur la gueule, bourrés dans un pub à 18h, je vois bien le délire ! (rires) Je pense que le prochain clip va se faire dans un pub en Angleterre ou en Irlande avec des moutons ! Et puis le délire, ce serait de louer carrément une bagnole avec le volant à droite et de se planter ! Pour moi ce serait un kif, le faire de nuit, sans phare et sans tout le bordel ! (rires) On va se le faire, je pense. Et l'Irlande, les retours qu'on en a apparemment, c'est vraiment mortel, un coté un peu plus Breton, plus chaleureux.
Pour en revenir à la France, vous venez de boucler une tournée avec vos potes de No Pilot, comment s'est-elle passée ?
Xavier : (NDLR : Sur le ton de la plaisanterie.) C'est des gros connards, je les déteste ! Ils savent pas jouer, ils sont nuls, ils se la pètent, le guitariste ronfle, pire que notre batteur, c'est pour dire ! C'est du 105 DB, 106 DB dans ses bons jours, dans ses bonnes cuites c'est 110 DB, ah non, c'est incroyable quoi ! (rires) Non, moi j'aime beaucoup leur projet, c'est courageux, c'est très courageux parce qu'ils ne sont que 2 et ils veulent faire l'équivalent d'un groupe à 2 et c'est toujours de belles initiatives. Il y a un côté expérimental et en même temps, ça reste très accessible. Il y a de très belles influences dans le projet. J'arrête de leur envoyer des fleurs parce qu'ils les méritent pas tant que ça ! (rires) Non voilà, humainement c'est super aussi, ce sont des chouettes gars avec qui tourner.
Anthony A. : En fait, ce qui est assez drôle, c'est qu'on a enchaîné deux tournées : on a fait deux fois une semaine à 2 semaines d'intervalle. Pour la première, le Nord de la France et un peu la Belgique pendant une semaine, qui était bien calée parce qu'on avait genre 1h ou 2h de route par jour, donc c'était assez cool. Le truc c'est que ça faisait longtemps qu'on n'avait pas fait une semaine de tournée donc physiquement, c'était assez dur ! On était contents de se retrouver, contents d'aller faire du rock un peu partout, mais on s'est bien déglingués, on était bien fatigués, donc on y a laissé quand même quelques années d'espérance de vie ! Pour la seconde tournée qu'on a faite la semaine dernière, on a enchaîné les kilomètres beaucoup plus que sur la première tournée, et ça a été beaucoup plus fluide, beaucoup plus sympa, et beaucoup plus décontracté. Et le fait de tourner avec No Pilot était assez cool aussi, ça permet d'avoir d'autres gens. Et ensuite moi, le lundi, je suis retourné au boulot ! (rires)
Mnemotechnic live
Est-ce que vous avez des anecdotes sur la tournée à me raconter ?
Xavier : Alors, tout ce qui se dit dans le camion reste dans le camion, donc tu ne sauras rien ! (rires)
Est-ce qu'il y a eu une ville, des villes qui ont été particulièrement sympas, épiques ?
Xavier : J'ai envie de te dire que Dunkerque a laissé un souvenir indélébile dans ma peau, dans mon coeur et dans mon anus, ensuite y a les villes de Bruxelles et Lille, on en a parlé, les Belges c'est des cinglés ! Je n'aime pas descendre dans le Sud par contre, désolé !
Anthony A. : Lille un lundi soir, au centre culturel libertaire, c'est vraiment un gros squatte mortel : tu arrives, tu ne connais pas, tu ne connais personne, tu ne sais pas si ça va marcher... et en fait, il y a eu en gros 70 personnes, c'était mortel, les gens bougeaient la tête et c'était plutôt chouette ! Strasbourg le lendemain, dans une galerie d'art à 20h, pareil, il n'y avait pas grand monde mais c'était vraiment cool, ils étaient super chauds, on n'a vraiment eu que des belles rencontres et des belles dates, et c'était différent à chaque fois.
Et Angers, globalement, ça a donné quoi ?
Xavier : On adore jouer au T'es Rock Coco, c'est la 2ème fois qu'on est venus jouer là-bas, accueillis par notre ami Vincent. Ca défonce tout ! Il fait ça vraiment à l'ancienne, tu vois, il te reçoit bien, il te sert bien, il prend soin de toi. Rock'n'roll, vraiment Rock'n'roll !
Anthony A. : Il n'est pas blasé de recevoir des groupes comme ça peut arriver malheureusement dans certains endroits... Il est vraiment content de te recevoir, ça se voit tout de suite, il est passionné, et à partir de là, le mec quand il te reçoit, tu ne peux passer qu'une bonne soirée.
Arnaud me disait tout à l'heure que vous alliez rester un peu tranquilles dans les mois qui viennent, quels sont vos plans pour le reste de 2013 ?
Anthony M. : On a une date à la fête de la musique, du côté de Brest et on a un festival cet été – ah non, on a annulé le festival ! On n'a qu'une date, donc.
Xavier : Alors, le reste de l'année, ça va être répétitions, compositions, nouveaux textes, nouveaux morceaux et puis on revient en force ! Et préparation d'un nouvel album. Oui, parce qu'avec le label, du coup, on s'est engagés sur deux autres albums, donc autant dire que ça va prendre 15 ans ! (rires)
Si vous pouviez choisir UN festival où vous produire, n'importe où dans le monde, lequel serait-ce et pourquoi ?
Anthony M. : Le festival du Bout du Monde sur la presqu’île de Crozon ! Pour moi c'est ZE festival ! Mes grands-parents habitent à côté, toute ma famille est originaire de là-bas. Voilà, c'est vraiment la seule raison. C'est un festival de musique du monde, donc je ne vois pas ce qu'on y ferait mais pour moi, ce serait ça. J'ai un lien affectif avec ce festival, mais ce n'est pas du tout rock.
Anthony A. : C'est une bonne question ! Il y en aurait deux, je pense : Coachella et Benicassim. Benicassim, pourquoi ? Je n'y suis jamais allé mais tout le monde m'a dit que c'était mortel : tu joues sur la plage, tout le monde est en maillot de bain ! A partir de là, je pense que tout est dit ! Et Coachella, parce que je suis jamais allé aux Etats-Unis.
Xavier : Alors moi, je pense que ce serait Burning Man parce que c'est en plein milieu du désert et qu'on crève de soif. Moi, j'adore avoir soif, alors ce serait une très bonne excuse !
TURN-ONS : C'est le festival où tout le monde fait tout ce qu'il veut, comme on voyait dans la série "Malcolm in the Middle", ça l'fait, c'est génial ça !
Arnaud : Moi je ne sais pas, j'hésiterais entre de très gros festivals comme Dour ou des trucs un peu plus pointus et pas trop gros comme l'ATP. Un truc à l'étranger forcément.
Pour conclure cette interview, faisons un petit jeu : donnez-moi chacun un morceau que vous aimez particulièrement écouter en fonction de votre humeur. Tout d'abord, quelque chose que vous écoutez pour vous relaxer et laisser votre esprit s'évader...
Arnaud : "Sunshine everyday" de Swell. Tout l'album de Bill Callahan.
Anthony A. : Moi ça ne va pas être un titre en particulier, mais un ou deux albums de Radiohead qui me détendent pas mal et qui me font assez voyager.
Xavier : Moi c'est l'album entier de Timber Timbre.
Anthony M. : Moi, pour me détendre, j'écoute beaucoup de musique indienne donc sitar, des trucs dans le genre. Ou alors de la musique du monde, tout ce qui est avec des cordes... Je suis très sitar/pétard !
...et lors d'un coup de blues, quand vous avez besoin d'un remonte-moral ?
Anthony A. : En fait, j'ai découvert un groupe il y a quelques semaines, qui s'appelle Beacon. J'ai choppé leur album qui vient de sortir et je l'écoute en boucle ! C'est un duo, je ne sais pas d'où ils viennent les gars, ce sont deux mecs. Le chanteur a une voix assez féminine, c'est de l'électro assez smooth et c'est ultra classe ! Et ça tourne en boucle, j'écoute que ça depuis une semaine.
Xavier : En cas de coup de blues et de moral down... Oh bah, Sepultura !
Anthony M. : Un Jimi Hendrix.
...et lors d'un moment de colère, quand vous avez besoin de lâcher la pression ?
Xavier : Le premier album de Lack.
Arnaud : We are the Romans de Botch.
Anthony A. : Moi vénère, ça peut être un Refused.
Anthony M. : Un Atari Teenage Riot, ou un truc qui gueule bien.
Mnemotechnic live
Chronique du premier album de Mnemotechnic
Awards, premier album de Mnemotechnic Mnemotechnic, c'est une putain d'énergie en live, que l'on retrouve bien sur leur premier album, "Awards". Un album très énervé et énergique, avec quelques bulles d'oxygène pour reprendre son souffle ("Welcome", "Intro"). Comme dit plus haut, je l'avoue, il m'a fallu plusieurs écoutes avant de rentrer complètement dans le disque, certains morceaux étant plus faciles d'accès, plus festifs, tandis que d'autres ont un côté assez dissonnant/oppressant. Mais une fois qu'on est dedans, on se prend une bonne dose de vitamines rock et ça fait sacrément du bien ! Cela me rappelle un peu ma rencontre avec "Poison" de Prodigy, titre avec lequel j'avais eu du mal au début et que j'adore, maintenant. Bon, par contre, ce n'est pas un disque à écouter en travaillant, il est là pour vous faire sérieusement bouger ! ;)
L'album s'ouvre avec "Shallow Goals". En fait, pour moi, ce premier morceau est le moins facile d'accès, avec son côté sombre, oppressant, et distordu, à la fois au niveau de la voix d'Arnaud et de l'instru. Il y a un fort côté rageur, tout en étant énergique, dans un style rock noise/électro avec une montée en puissance à la fin, qui envoi tout péter ! Je pense que ce morceau aurait pu être placé juste avant "Pills", en fin d'album.
Je conseillerais plutôt de commencer votre écoute par "Blended Colors" et de revenir à Shallow Goals un peu plus tard. Ce second morceau, qui est mon préféré sur l'album, présente toujours ce côté assez sombre mais sans être oppressant. Il est très dansant, avec des éléments dream-pop mélodieux.
Le 3ème morceau (et mon 3ème préféré), "Dead End", renoue avec le côté oppressant mais moins que sur Shallow Goals. Il est rageur, avec de gros riffs, un rythme rapide, tout en tension. On ressent bien l'aspect dead line, le manque de temps, mais tout en conservant le côté très dansant. C'est le morceau qui me ramène le plus à l'esprit les images du live, des 4 gars se donnant à fond dans un jeu de scène qui déménage ! Oui, le temps file à toute allure de nos jours et, quand on écoute ce morceau, on VEUT retourner les voir jouer au plus vite !
Vient ensuite "Party People", mon second morceau préféré sur l'album. On se rend avec les Mnemo à une soirée, on part heureux de voir du monde, de rencontrer de nouvelles têtes, pour s'apercevoir au final que tous ces gens portent un masque, et on déchante... Je fais bien sûr uniquement référence aux paroles de la chanson : on ne déchante pas du tout niveau musique ! Le rythme est fichtrement dansant, groovy, toujours avec cette tension. Je vous invite à découvrir, ci-dessous, le clip officiel :
Après ces 4 premiers morceaux survitaminés, "Welcome" arrive comme une jolie petite pose aérienne, court morceau instrumental qui nous transporte dans un autre monde, étrange, éthéré... La fin semble tout droit sortie d'une vieille boite à musique, un tantinet distordue, qu'on pourrait sans mal imaginer trouver dans une maison abandonnée à Silent Hill... D'ailleurs, les grésillements de la fin font penser à la vieille radio à laquelle on s'accroche dans ce jeu, qui nous prévient de l'approche de créatures d'outre tombe ! Ceux qui y ont joué en auront surement, comme moi, quelques frissons ! Prenez le temps de savourer ce petit interlude, avant de repartir sur des rythmiques effrénées.
Vient ensuite "Empty Page", un morceau plus calme qui flirte avec la dreampop torturée et qui montre que Mnemotechnic maîtrise tout aussi bien les ambiances plus posées. La voix d'Arnaud se fait moins aigue sur la majorité du track, ce qui n'est pas déplaisant et retire de la tension, même si celle-ci remonte quand même sur la seconde moitié, la batterie et les grattes s'enrageant de nouveau.
On repart ensuite sur du plus nerveux avec "Red Cat Blackout". Retour aux aigus pour la voix d'Arnaud et de la tension qui l'accompagne.
"The And If Girl" s'ouvre sur une énumération d'accessoires de maquillage et toilette pour filles. Un morceau groovy, à dominance plus calme mais qui s'enrage sur la fin.
"Intro" constitue une autre courte et jolie pause instrumentale, avec un côté assez mystérieux.
Avec "Penny for Belief", retour au rock énervé, endiablé. Un motto entêtant, qui vous restera en tête : "One plus one never adds" ! Sur le dernier tiers du morceau, on trouve un court passage big beat, que j'aurai aimé un peu plus long, parce que c'est bon !
S'ensuit "Dear Brittle Lights", morceau très groovy, avec toujours cette voix très aigue chez Arnaud.
L'album se conclue avec "Pills". Ne vous fiez pas au début plutôt tranquille et groovy : on embraye vite sur du gros gros son, auquel des effets stridents vont venir s'ajouter sur le 3ème tiers du morceau. La fin, tel le bouquet final d'un feu d'artifice, est une véritable explosion sonique complètement saturée, qui fera dangereusement chauffer vos oreilles à la limite du supportable ! Vous voilà prévenus ! ;)
Mnemotechnic, un groupe à découvrir !
Pour conclure, je ne peux que vous encourager à découvrir à la fois l'album et le groupe en live, en commençant peut-être d'abord par l'expérience live : des mecs qui sont vraiment contents de jouer et ça se voit, qui prennent leur pied sur scène et qui vous transmettent leur incroyable énergie ! Quant-au disque, même si dans notre société actuelle, on veut souvent que les choses aillent vite, prenez le temps de l'écouter plusieurs fois afin de bien vous en imprégner et de l'apprécier à sa juste valeur, vous ne le regretterez pas.
Voici une vidéo live réalisée par David Even lors du concert de Pau le 26/04/2013, qui vous en offre les 13 premières minutes, avec une putain d'intro, qui fait doucement monter la pression, avant d'embrayer sur Dead End, puis Blended Colors ! Vous pourrez découvrir l'intégralité de ce set sur YouTube, si le coeur vous en dit.
Article : Lex Gatineau - mai 2013
Mnemotechnic